Les marionnettes dansent, les kami font du sumo — Un mystère de 1300 ans enfoui au Hachiman Koga Jinja, à Yoshitomi, Fukuoka.

Informations de base
Emplacement : 353-1 Koinumaru, Yoshitomi-machi, Chikujo-gun, Préfecture de Fukuoka
Kami enchâssés : Okinagatarashihime no Mikoto (Impératrice Jingu), Kokutsuhime no Mikoto (sœur cadette de l’Impératrice Jingu)
Fondation : 6ème année de l’Empereur Kinmei (545 après J.-C.)

Le Hachiman Kohyo Jinja, situé près de l’embouchure de la rivière Yamakuni, à la frontière entre les préfectures de Fukuoka et d’Oita, est bien plus qu’un simple ancien sanctuaire. C’est un lieu sacré profondément mystérieux qui transmet encore aujourd’hui la tradition des « kugutsu », considérés comme la source du spectacle japonais.

La Rébellion des Hayato et les Kugutsu comme « tactique »
Impossible de parler de ce jinja sans évoquer la « Rébellion des Hayato » qui éclata en 720 après J.-C. (4ème année de l’ère Yoro), durant la période de Nara. Lorsque la tribu Hayato du sud de Kyushu se révolta contre la cour impériale, l’armée de la cour partit en campagne, accompagnée de l’armée divine d’Usa Hachiman.

Selon la légende, des « kugutsu » (marionnettes) auraient été utilisées à cette époque pour surprendre l’ennemi. Les troupes auraient fait danser ces poupées pour attirer l’attention des Hayato, puis auraient profité de ce moment de distraction pour lancer l’assaut et vaincre.

Après la fin de la rébellion, la cour impériale, regrettant les pertes de vies humaines, instaura le « Hojoe », une cérémonie pour apaiser les esprits des Hayato. La danse des kugutsu, transmise au Hachiman Kohyo Jinja, a été préservée pendant 1300 ans en tant que rituel shinto (shinji) spécial offert lors de ce Hojoe.

Le mystérieux « Sumiyoshi Okami noir »
Le trésor du jinja abrite 47 marionnettes kugutsu, désignées biens culturels folkloriques matériels importants au niveau national. Tous les quatre ans, lors du « Kuwashio no Mai et du Kami-sumo », ces poupées sont manipulées par les mains des kami et s’affrontent lors de combats de sumo sur un dohyo (ring de sumo).

Le plus grand mystère réside dans la figure du Sumiyoshi Okami, qui apparaît comme le général de l’Ouest.

Alors que les autres kami ont le visage blanc, le Sumiyoshi Okami est plus petit et sa peau est de couleur « rouge cuivre » (noire). Et ce petit kami noir réussit à projeter un à un les kami plus grands que lui, finissant par triompher de tous, même lorsqu’il les affronte tous ensemble.

Pourquoi seul le Sumiyoshi Okami est-il noir ? Une théorie suggère que cette marionnette projette l’image des « Hayato » qui furent conquis, ou qu’elle pourrait être le symbole d’un peuple maritime du sud. L’intention cachée derrière l’issue de ce combat reste, à ce jour, enfouie dans l’obscurité de l’histoire.

Le « Oirokashi » (Festival du Séchage des Vêtements) où dansent mille kimonos
Le « Oirokashi » (Ken’isai), qui a lieu tous les ans les 6 et 7 août, est également un spectacle unique à ce jinja.

C’est un événement où des milliers de petits costumes portés par les kugutsu sont étalés dans le shaden (bâtiment principal du sanctuaire) pour être aérés. La vue de ces kimonos colorés, offerts par les seigneurs du domaine de Nakatsu au fil des générations et par des gens ordinaires souhaitant la bonne santé de leurs enfants, remplissant le shaden est absolument spectaculaire.

Cet événement, également appelé « le changement de vêtements des kami », témoigne que les marionnettes ne sont pas de simples outils, mais sont traitées comme des « kami eux-mêmes », toujours vivants.

La fierté d’être le « Motomiya » (sanctuaire d’origine) d’Usa Jingu
Le nom du jinja, « Kohyo », signifie « ancienne façade » (omote) ou « point d’ancrage important » où le mikoshi (palquin portable) arrivait lors du Hojoe d’Usa Jingu.

Autrefois, un grand rituel de procession divine (shinkogyoji) voyait les kugutsu traverser la rivière Yamakuni en bateau pour se rendre à l’Usa Jingu (préfecture d’Oita) sur la rive opposée. Aujourd’hui encore, le Hachiman Kohyo Jinja entretient une relation fraternelle avec le Koyoji Jinja, situé de l’autre côté de la rivière, et ils transmettent ensemble la culture des kugutsu.

Mémoires des troubles et des rituels d’apaisement de l’ancien Kyushu, absentes des manuels d’histoire. Le Hachiman Kohyo Jinja semble encore nous parler à travers les yeux de ses poupées en bois sculpté. Pourquoi ne pas vous plonger dans le mystère d’il y a 1300 ans, dans ce lieu également connu comme le kami de la victoire et des compétitions ?

Liens et références
[1] https://cf741376.cloudfree.jp/kugutumaisumou.htm
[2] https://kohyoujinjya.jimdofree.com/
[3] https://bunka.nii.ac.jp/heritages/detail/214589
[4] https://www.crossroadfukuoka.jp/event/11529
[5] https://genbu.net/data/buzen/kohyou_title.htm
[6] https://minzoku.yg.kobe-wu.ac.jp/resources/upload/pdfs/318.pdf
[7] http://nobyama.com/hachimankohyo.html
[8] https://ja.wikipedia.org/wiki/%E5%85%AB%E5%B9%A1%E5%8F%A4%E8%A1%A8%E7%A5%9E%E7%A4%BE
[9] https://www.crossroadfukuoka.jp/spot/13119

par ando