Le mystère des « Nana Shikobuchi » qui sommeille dans la région secrète de Kutsuki — le sanctuaire Shikobuchi Jinja (Ogawa) et la légende de la défaite du Kappa.

« Kutsuki Ogawa » est un lieu situé dans la partie la plus en amont de la rivière Harihata, un affluent de la rivière Ado, dans la ville de Takashima, préfecture de Shiga. Au cœur de ce hameau de montagne se dresse un jinja portant un nom d’une rareté exceptionnelle, introuvable ailleurs dans tout le Japon, si ce n’est dans ce même bassin fluvial. Il s’agit du Omokobuchi Jinja.
Cette fois, nous vous emmènerons à la découverte de ce mystérieux jinja, imprégné de l’histoire périlleuse des raftsmen et des légendes de créatures tapis au fond de la rivière.

Informations de base

Nom : Omokobuchi Jinja
Localisation : 566 Kutsuki Ogawa, Takashima, Shiga
Kami vénéré : Omokobuchi no kami
Biens culturels : Les trois bâtiments que sont le Honden (bâtiment principal), le Zaō Gongen-sha et le Kumano-sha sont classés Biens Culturels Importants du Japon (désignés en 2015).

Légende : Shikobuchi-san le raftsman et le serment du Kappa

Impossible de parler de ce jinja sans mentionner la légende de « Shikobuchi-san », transmise dans le bassin de la rivière Ado.
Autrefois, le bois coupé dans les montagnes de Kutsuki était assemblé en radeaux et transporté par la rivière Ado jusqu’au lac Biwa. Cependant, le courant était rapide, et il y avait partout des « fuchi » (des bassins profonds) et des passages difficiles, faisant de ce travail une tâche constamment périlleuse pour les raftsmen.
Selon la tradition, un jour, alors que « Shikobuchi-san », un habile raftsman, descendait la rivière avec son fils, un « Gatarō » (Kappa) tapi dans l’eau tenta d’entraîner son fils au fond. Furieux, Shikobuchi-san frappa le kappa avec la perche qu’il tenait, le corrigeant sévèrement.
Face au kappa implorant sa vie, Shikobuchi-san lui fit prêter ce serment :
« Ne t’approche plus jamais d’un raftsman portant une minogasa (cape et chapeau de paille) en carex, des jambières en massette et une perche en magnolia (kobushi). »
Depuis lors, les raftsmen de cette région prient pour leur sécurité en revêtant ces « trois pièces d’équipement », et Shikobuchi-san fut dès lors vénéré comme un kami protecteur de la rivière.

Mystère : Les « Nana Shikobuchi » disséminés uniquement dans le bassin de la rivière Ado

Le nom de « Shikobuchi », aux sonorités mystérieuses. En fait, les jinja consacrés à ce kami ne se trouvent que dans une zone très limitée, s’étendant des sources aux parties inférieures de la rivière Ado.
Les sept jinja principaux sont particulièrement appelés « Nana Shikobuchi », et l’Omokobuchi Jinja de Kutsuki Ogawa en fait partie.

Origine du nom : « Shiko » serait lié à « shiko » (qui peut signifier « laid », mais aussi « force brute » ou « puissant »), désignant une entité puissante ou terrifiante. « Buchi » ferait référence au « fuchi », un passage difficile de la rivière (un bassin profond).
Il est estimé que la dévotion et la crainte révérencieuse des anciens, qui ont érigé des kami à chaque point dangereux de la rivière pour apaiser la force impétueuse de l’eau, ont engendré cette croyance unique.

L’envers du décor : Les pavillons du jinja, « Biens Culturels Importants », figés dans le temps depuis le 14ème siècle

Ce qui rend l’Omokobuchi Jinja de Kutsuki Ogawa si spécial, ce ne sont pas seulement ses légendes. Au fond de l’enceinte, à l’intérieur d’un « ooya » (un abri protecteur) destiné à les préserver de la neige et de la pluie, sont alignés trois pavillons de jinja d’une valeur inestimable, construits au début de la période Muromachi (en 1371).

Techniques médiévales : Ils conservent fortement le style de l’architecture de jinja médiévale, avec des éléments tels que des pièces de bois finies à la yariganna (une sorte de rabot-lance) et assemblées sans clous.
État de conservation miraculeux : Grâce à sa situation reculée en pleine montagne, le site a été épargné par les guerres et le développement, conservant son apparence d’origine pendant plus de 650 ans.
Dès que l’on y pénètre, dans le silence profond de la forêt environnante, on est enveloppé d’une atmosphère solennelle, comme si l’on avait voyagé dans le temps jusqu’au Japon médiéval.

Conseils pour votre visite

Kutsuki Ogawa est un véritable « hameau caché », situé encore plus loin sur la « Saba Kaido » (Route du Maquereau) qui reliait autrefois Kyoto et Wakasa. L’accès par les transports en commun étant très limité, une visite en voiture est recommandée.
En écoutant le murmure de la rivière, pourquoi ne pas imaginer les figures courageuses des raftsmen qui ont jadis défié ces rapides, et sentir la présence des kappa qui pourraient encore se cacher dans les profonds bassins ?

Liens et références

[1] https://imashiga.jp/blog/%E6%97%A5%E6%9C%AC%E9%81%BA%E7%94%A3%E3%83%BB%E7%90%B5%E7%90%B6%E6%B9%96%E3%80%80%E7%A5%88%E3%82%8A%E3%81%A8%E6%9A%AE%E3%82%89%E3%81%97%E3%81%AE%E6%B0%B4%E9%81%BA%E7%94%A3%E3%80%80%E3%82%B7%E3%82%B3/
[2] https://bunka.nii.ac.jp/heritages/region/25/25212
[3] https://bunka.nii.ac.jp/heritages/detail/285280
[4] https://www.sugatani.co.jp/blog/?p=4124
[5] https://gejideji.exblog.jp/15521943/
[6] https://log.deep-exp.com/ja/media/791
[7] https://jinjafan.jp/god/0612/
[8] https://japan-geographic.tv/shiga/takashima-kogawa-shikobuchijinja.html
[9] https://takashima-bunkaisan.jp/bunkaisan/shikobuchi.php
[10] https://www.lics-saas.nexs-service.jp/takashima/monoshiri/04/0446.html
[11] https://note.com/izayoibooks/n/n59a8eaa146a2
[12] https://73-nanasan.com/story/7shikobuchi/
[13] https://ja.wikipedia.org/wiki/%E4%B8%83%E3%82%B7%E3%82%B3%E3%83%96%E3%83%81

par ando