Le mystère du Harufu Jinja, niché à l’ouest du lac Biwa — Les origines du Kamigamo Jinja de Kyoto se trouvent-elles ici ?

Dans le quartier d’Azumigawa, ville de Takashima, préfecture de Shiga, au nord-ouest du lac Biwa, se dresse un ancien sanctuaire au nom difficile à lire et à la sonorité mystérieuse. Son nom est Harufu Jinja (波爾布神社). Bien qu’il s’agisse d’un « Shikinaisha » (sanctuaire figurant dans la liste de l’Engi-shiki), il dégage une atmosphère de sérénité qui semble refuser le monde profane. Nous allons explorer le charme de ce jinja et le mystère historique qu’il recèle.

Informations de base

Nom : Harufu Jinja (波爾布神社)
Localisation : 1155 Kamigamo, Azumigawa-cho, Takashima-shi, Préfecture de Shiga
Kami vénéré : Harufu no Kami (波爾布神)
Fête annuelle : 4 mai

Le mystère du nom « Harufu » (波爾布)

Ce qui frappe d’abord, c’est son nom unique. La succession de caractères chinois « 波爾布 » (Harufu) possède un charme archaïque, rappelant les Manyogana, mais son étymologie fait l’objet de diverses théories et demeure encore un mystère.

Selon une théorie, cet endroit aurait autrefois été un lieu signifiant « hafu » (lieu de sépulture, tombe), ou le nom proviendrait de « hanyu » (埴生, argileux). Cependant, le plus intéressant est que le nom du lieu est « Kamigamo » (上鴨).

La théorie du « sanctuaire originel » de Kamigamo Jinja à Kyoto et les traces du clan Kamo

En entendant le nom de lieu « Kamigamo », où se trouve Harufu Jinja, nombreux sont ceux qui penseront au Kamigamo Jinja (Kamo Wakeikazuchi Jinja), site du patrimoine mondial de Kyoto. C’est en fait le plus grand attrait historique et romanesque de ce sanctuaire.

Dans l’Antiquité, on dit que le clan Kamo, une puissante famille influente, s’est déplacé de la côte de la mer du Japon, en passant par cette région de Takashima, pour s’installer à Kyoto. Harufu Jinja est considéré comme l’un des sites où le clan Kamo aurait vénéré ses esprits ancestraux et ses kami protecteurs avant de s’établir à Kyoto.

En effet, le nom de lieu « Shimogamo » (下鴨) subsiste également autour du jinja, suggérant que la structure « Kamigamo-Shimogamo » de Kyoto existait déjà comme prototype dans cette région de Takashima. La « source » de la splendide culture Kamo de Kyoto pourrait bien être cachée dans cette forêt tranquille… En y pensant, même le son du vent agitant les arbres dans l’enceinte du sanctuaire semble être le souffle de l’Antiquité.

Une atmosphère « primitive » imprègne l’enceinte du sanctuaire

L’enceinte du Harufu Jinja n’est pas vaste. Cependant, dès que l’on y pénètre, on est enveloppé d’un silence profond qui contraste nettement avec les paysages ruraux environnants.

Le Honden (bâtiment principal) est un bien culturel matériel désigné par la préfecture de Shiga. Il conserve le style architectural du début de la période Edo, mais la maçonnerie de ses fondations et les arbres géants qui l’entourent abritent une puissance primitive, telle un vestige du culte des « Iwakura » (rochers sacrés) où l’on dit que les kami seraient descendus bien avant cette époque.

Anecdote pour les visiteurs : un « lieu sacré de silence » connu des initiés

Harufu Jinja n’est pas un sanctuaire touristique. Il est donc rare qu’il soit animé par des pèlerins cherchant des Goshuin (sceaux rouges). Cependant, c’est précisément ce qui constitue le plus grand charme de ce sanctuaire.

Selon la tradition locale, il fut un temps où l’on disait que nuire à la forêt de ce jinja entraînerait une malédiction. C’est pourquoi sa nature intacte et son atmosphère sacrée ont été préservées. Parmi les personnes ayant une sensibilité spirituelle, il est secrètement considéré comme « l’un des meilleurs lieux de purification de la rive ouest du lac Biwa ».

En conclusion

Bien que la ville de Takashima, dans la préfecture de Shiga, abrite de nombreux sites célèbres comme Shirahige Jinja, si vous souhaitez toucher aux profondeurs de l’histoire, n’hésitez pas à visiter Harufu Jinja.

Guidé par la sonorité mystérieuse de « Harufu », lorsque vous visiterez la région de Kamigamo, vous vous tiendrez à l’entrée d’un grand mystère antique, capable de réécrire l’histoire même de Kyoto.

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par ando