Le Nakahikawa Jinja (sanctuaire Nakahikawa) est discrètement niché au cœur des luxuriantes collines de Sayama, dans la ville de Tokorozawa, préfecture de Saitama. À première vue, il s’agit d’un sanctuaire gardien local paisible. Mais saviez-vous qu’il recèle en réalité des événements majeurs qui ont influencé l’histoire du Japon, ainsi que de grands mystères cachés sur les cartes ?
Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir la profonde fascination et les histoires méconnues du Nakahikawa Jinja, un lieu que tout amateur de sanctuaires et de temples devrait visiter au moins une fois.
1. Le destin du Japon s’est-il joué ici ? Le « Reitaisai mystérieux » inspecté par le GHQ
Le Nakahikawa Jinja est le théâtre d’un épisode tout à fait exceptionnel, qu’aucun autre sanctuaire ne possède. Le 25 novembre 1945, juste après la fin de la guerre, de hauts responsables du Quartier Général des Forces Alliées (GHQ) ont délibérément choisi ce Nakahikawa Jinja parmi d’innombrables sanctuaires du pays, pour venir inspecter un Reitaisai temporaire.
À cette époque, le GHQ considérait le « Shinto d’État » comme un foyer du militarisme et envisageait même la dissolution des sanctuaires. Dans ce contexte tendu, la délégation du GHQ, témoin de la danse « Urayasu no Mai » et de la performance de Gagaku par le département de la Maison Impériale au Nakahikawa Jinja, aurait été impressionnée par les aspects pacifiques et culturels des rituels japonais. Certains avancent que cette visite a influencé le contenu de la « Directive Shinto », qui a scellé le destin du monde shintoïste par la suite. C’est donc un lieu qui fut un véritable « tournant historique » pour la préservation de la culture spirituelle du Japon.
2. La gigantesque ligne tellurique des « Trois Hikawa de Musashi » alignés
Le nom « Nakahikawa » recèle un mystère géographique.
Dans l’ancienne province de Musashi (aujourd’hui les préfectures de Saitama et de Tokyo), il existe un réseau de sanctuaires Hikawa. Parmi eux, les trois plus importants sont : le Omiya Hikawa Jinja (ville de Saitama : Ichinomiya de la province de Musashi), le Nakahikawa Jinja (ville de Tokorozawa : le jinja que nous vous présentons aujourd’hui) et le Oku Hikawa Jinja (bourg d’Okutama : en amont de la rivière Tama).
Étonnamment, ces trois sanctuaires sont alignés presque parfaitement en ligne droite d’est en ouest sur une carte. Depuis l’Antiquité, cette ligne est appelée un « chemin sacré où circulent les esprits des kami (ley line) ». On pense qu’il y aurait eu un plan grandiose pour l’arrangement de ces sites sacrés, désignant Omiya comme « Omiya (Hikawa) », Okutama comme « Okumiya (Oku Hikawa) », et le sanctuaire de Tokorozawa, situé au milieu, comme « Nakamiya (Nakahikawa) ».
3. Un village englouti et les souvenirs des « Toraijin »
Dans l’enceinte du Nakahikawa Jinja, les Nanasha Jinja de l’ancien village de Shorakuji, englouti au fond du lac lors de la construction du réservoir de Yamaguchi (lac Sayama) en 1929 (Showa 4), sont désormais consacrés collectivement.
Il est dit que ce village de Shorakuji était autrefois habité par des Baekje et des Goguryeo venus de la péninsule coréenne, témoignant ainsi des échanges internationaux du Japon ancien. Le fait que les kami gardiens du village, désormais endormis au fond du barrage, soient à présent vénérés ensemble ici au Nakahikawa Jinja, confère à ce lieu une histoire à la fois poignante et mystérieuse.
4. Pèlerinage sacré ! Le sanctuaire comme lieu d’anime
La zone de Yamaguchi, dans la ville de Tokorozawa, où se trouve le Nakahikawa Jinja, est également un « lieu sacré » incontournable pour les fans d’anime. Plusieurs œuvres y sont liées :
Pour « Mon voisin Totoro », les collines de Sayama, qui s’étendent derrière le jinja, ont servi de modèle au décor (la forêt de Totoro) du chef-d’œuvre du Studio Ghibli. En parcourant l’allée du sanctuaire, vous découvrirez des paysages nostalgiques de Musashino, comme si Mei et Satsuki pouvaient y courir à tout moment.
Dans « Sword Art Online (SAO) », la zone de Kawagoe-Tokorozawa est le lieu où vit le protagoniste Kirito (Kazuto Kirigaya). Bien que des scènes des environs de la gare de Tokorozawa apparaissent dans l’œuvre, le Nakahikawa Jinja, en tant qu’ancien sanctuaire situé dans cette « zone de vie », est également un lieu prisé des fans.
Quant à « Rolling Girls », Tokorozawa est représenté comme une base importante (le Pays de Tokorozawa) dans l’histoire, et toute la région est imprégnée de l’atmosphère de l’œuvre.
5. Informations pratiques
Nom : Nakahikawa Jinja (sanctuaire Nakahikawa)
Emplacement : 1849 Yamaguchi, Tokorozawa City, Saitama Prefecture
Kami vénérés : Susanoo no Mikoto, Kushinadahime no Mikoto, Onamuchi no Mikoto
Accès : Environ 15 minutes à pied de la gare de Shimo-Yamaguchi (ligne Seibu Sayama)
Points forts : Un Honden (bâtiment principal) de style « Taisha-zukuri (style Izumo) », rare dans la région de Kanto. C’est une structure authentique dotée d’un « shin no mihashira » (pilier central sacré).
Note : Il existe un autre Nakahikawa Jinja portant le même nom à Mikajima, dans la ville de Tokorozawa. Cependant, celui dont il est question pour la visite du GHQ et la légende de la ligne tellurique est ce sanctuaire situé à « Yamaguchi ».
Ayant traversé les tumultes de l’histoire, le Nakahikawa Jinja continue de veiller paisiblement sur la forêt de Sayama.
Pourquoi ne pas profiter d’une promenade dans la forêt de Totoro pour vous rendre dans ce « lieu de prière » qui a peut-être changé le destin du Japon ?
